26 mai 93

Publié le par Kha Luan

26 mai 93

 

J'ai le projet de partir quelques jours avec moi. Aller à Rodez peut-être. Quelques jours le Dire. Peut-être même y trouverai-je la folle paix avec moi-même. Y aura-t-il encore quelque trace du passage d'Artaud ? Les moments avec Elle sont d'une intensité qui me réconfortent, me réjouissent. C'est la joie retrouvée. Ce sont des souvenirs impénétrables que ma conscience met en réserve pour des jours de solitude. Une nostalgie future. Mais le temps est déjà en train d'oeuvrer à la défaire. C'est la mémoire, ce témoin intime de notre vie, qui restituera par bribes infimes les pans entiers de nos souvenirs. La mémoire cite le passé dans l'espoir de redonner quelque cohérence à notre présent. Le futur demeure cependant imprévisible. Le temps hante l'écriture, l'écriture s'imprègne du temps. Etude possible : L'individualité de fin de siècle. S'intéresser à l'histoire. A sa fin, aux hommes. Mais le temps reste le problème central. Pourtant il ne faut plus se poser la question du temps. Quand je fais l'amour je n'y pense pas. Quand j'écris, je ne pense pas le temps. N'Y plus penser. Qu'est-ce qui peut se trouver en dehors du temps ? Le sens du temps ? Peut-être, peut-être ...Ecrire est une manière d'échapper au temps. Mais c'est encore persister, perdurer dans son silence. Chaque événement est un drame. Il faut parfois revenir au sens antique. La première amibe de l'histoire a déjà tout dit. L'histoire ne fait que perpétuer une tradition. Elle a fait apparaître l'homme. L'homme est l'abcès de l'histoire. C'est le temps qui crève cet abcès et c'est aussi lui qui construit avec minutie l'histoire. L'histoire c'est l'histoire du temps. Après tout le temps est le pur narcissisme.

 

 

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