à F.
ma f.,
j'ai ici le temps un peu ou infiniment je ne sais pas bien pour écrire pour percer le blanc pour occuper stratégiquement l'espace pour remuer le vent pour raconter la venue du printemps j'ai imprimé tes mots les derniers je vais les lire pendant mon voyage jusqu'à paris
mon visage est cerné de fatigue j'éprouve quelques difficultés à sourire sauf à l'envers sauf contre moi-même ni l'ennui ni la fatigue ne sauraient jamais justifier ni expliquer cette permanente petite solitude imperceptible et qui pourtant se manifeste malgré soi malgré moi mais jamais contre toi
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