Un souvenir du Caire
Un chat me regardait par la fenêtre qui est reparti. Il ne pleut que de l'eau, mon dieu que tout ça me semble bizarre. Et ça fait des lignes, des traits, des pointillés, des barres, des tours, que sais-je, non! je vois : ce sont plutôt des points... Je suis cerné d'infini. Du point à la boucle.
Le temps n'a jamais passé. N'a jamais été. D'ailleurs, l'été, c'est au futur...bientôt...bientôt? Ici Paris, là-bas Rouen, Marseille, et toujours jamais loin Le Caire. Il n'y a plus de nostalgie. On dirait qu'elle est passée. Cela s'est passé. Il n'y a plus que la lumière qui colle à la peau, et c'est pire que la poussière du temps. Mais je reconnais que personne n'a jamais "vu" cette poussière-là. Peut-être qu'elle est quelque part entre la gorge et le fondement. En libre circulation entre deux perforations. Deux trous laissés à l'appréciation de chacun. Et l'on finit toujours par transpirer, à cause je le répète de cette lumière collante et filée. A cause de cette odeur lumineuse, de cette odeur qui dessine des auréoles sur nos fronts, et qui fait même parfois des taches rouges sur le cou, les mains.
Le temps n'est toujours pas passé. L'attente vaine de l'oubli. Car l'essentiel, n'est-ce pas, est de perdre. Alors, qu'on perde jusqu'à l'oubli.
Et tout est retrouvé.
Le rire, le silence, la presque fatigue, l'ivresse, et qui sait, peut-être la hardiesse. Enfin on boit une toujours-ultime-gorgée du liquide cassé, pour rien, pour voir, pour continuer.