Un extrait
Pour ce premier jour de l'année, je vous livre un court extrait d'un très long texte qui s'écrit continuellement.
Je recommence cette nuit. Tout s'ouvre immense : le temps tout entier se donne à la nuit. Je vais arrêter d'écrire les circonstances qui ne se délient pas. Ecrire toujours dans le vacarme. La vacance toute entière est à moi. Tout droit devant, tout droit derrière, c'est tout droit de tous les côtés. Des milliers d'enchevêtrements de rues, de chemins, de passages. Se dire - c'est un réconfort moral - que ça doit mener quelque part. Voilà le propre d'une prison. La prison de l'écriture. Une verticale sans issue. Pourtant il doit y avoir autre chose. On ne peut pas s'arrêter là. Pourtant il doit y avoir autrement autre chose. Facticité. Fumicité. Riricité. Cécité. Musicité. Alcoolicité. Ecricité. Etanticité. Tous dans la cité. Pas interdite celle-là... Le spectacle de l'argent c'est le peuple perdu qui le donne. Pour celui-là il ne peut y avoir autre chose. Maintenir. Je suis seul. Solitude indomptable. Irréductible à soi. Je la pèse. Il n'y a pas l'ennui. Il n'y a pas d'issue non plus. Et pourtant ... Le refrain éternel. La continuation du rien dans le vide. La taupe aveugle qui continue de creuser. Je voudrais invoquer tous les noms qui vibrent au sein de l'absence. La giration folle. Le magnétisme de l'intensité. Les claquements de l'être. Je compose ma solitude - mon existence ? - avec tous les autres : une société. Je vois le monde avec le langage tiré du monde. Je parle toujours de l'intérieur. Maintenant = Conflit + Maintenant.