Je continue
Rupture inouïe. Un poisson s'enfonce dans le délire. En arrêt de respiration. Cela tremble dans toutes les directions. La pensée tombe d'abord, soutenue pendant un bref temps par le langage. Qui tombe à son tour. C'est une véritable trombe, catastrophique. C'est un séisme unique. On cherche encore le fondement. La philosophie. Le talisman qui n'a jamais existé. Le sens impuissant. Le temps manquant. Tous les ans du monde. Je ne dis pas les choses ni les êtres. Je les délie, me délie, je me les délie... Et c'est souvent un crime. N'allez pas commenter. Ne commentez pas. Je me joue. Les mots s'exposent, je me délecte, dangereusement ou pas, et je m'expose aussi. Et patent le langage qui saute, bondit, franchit. Ou qui rampe. Beau et pataud, tout juste règlé pour patauger dans l'air du temps. Mon corps est un problème, il me fait violence. Celui des autres je le regarde et c'est tout. Marier ce corps dangereux au langage encore plus pernicieux relève de l'exploit extra-unviversel, extra-sensuel, extra-poétique, mais tout revient, finalement, à défier l'immortel, ou l'intra-mortel. C'est une sexualité contradictoire, à la limite de l'incohérence. Ne me donnez pas votre avis. Donnez-moi plutôt votre corps sexuel. Ne vous mariez pas pour pire. Je ne cherche pas la cohérence. J'attends que l'on me la montre. Une fois pour toutes. Rien ne me dit qui faille. Toujours cette fracture incomplète. Un craquèlement constant à tous les niveaux de la perception. Un trou qui glisse vers l'abîme. Un sexe qui ne se laisse pas consciemment lécher. Ma bouche est déchirée, mes dents sont dressées, mes yeux retrouvés, et mes lèvres caressantes, alléchées. Laissez-moi le temps de caresser la nuit, d'écrire le jour. Direct et indirect sont commutables, n'est-ce pas une faille du langage. La crevasse blanche.