Dialogue 1
Il: As-tu compris quelque chose depuis le commencement ? Je sens une ombre qui s'acharne sur l'histoire, un sexe de femme qui engloutit tout l'univers. C'est quelque chose de semblable à un sentiment amoureux, très fort, qui virevolte au-dessus d'une minuscule flamme. Et cette flamme, c'est moi...
Je: C'est le commencement que j'ai dû mal concevoir. Il faudrait revenir sur ma naissance, ma conception en somme. C'est ton foutu sexe de femme qui s'incommodait de ma présence, et qui m'a rejeté. J'ai traversé toute l'atmosphère en feu, et je continue à brûler comme un volcan qui ne veut pas, ne sait pas s'éteindre. Je suis le feu qui n'a pas été volé. Ou bien je suis ce feu volé. Je suis celui qui se dérobe.
Il: Mais tu parles comme si nous sommes des entités mathématiques. Or nous ne sommes que des corps, qui ont commencé à découvrir qu'il existe un espace, d'autres corps.
Je: Justement, nous sommes corps et espace, et non des corps qui se meuvent dans un espace. Nous sommes matière et nous sommes l'impalpable. C'est pour ça que nous faisons problème. Je suis pour moi une difficulté, une difficulté en trop qui, par oubli, sans doute, occulte toutes les autres, dont notre propre commencement, le "depuis-le-commencement-de-tout".