Pour F.
j'ai bien sorti mes notes mes textes mes mots pour travailler à cette chose incontrôlable qui ressemble à mes moments de vie mais voici que je suis en train de ne pas utiliser mes mains pour penser encore à toi ça me trouble déjà depuis quelques jours ou je ne sais plus quand précisément les particules du temps sont des infinis je les confonds comme des gouttes d'eau et tu peux dès lors facilement comprendre ma réelle peur de l'eau une sorte de noyade dans un temps où je ne me comprends pas je constate seulement mes larmes parfois des douleurs à l'estomac aux viscères en tous cas la tête bien trop farcie par du vide et des mots en somme je suis plein de silence il ne faudra pas que tu m'en veuilles pour tout ça ces cinq jours à la mer m'ont soulagé plus léger comme on dit plus lourd aussi pour la suite de l'histoire je puis à présent te toucher pour le bonheur de te toucher et pour le manque de ne t'avoir pas suffisamment touchée depuis notre premier silence ensemble sur la terrasse d'une nuit dans la nuit sur une terrasse déjà les couleurs nous entouraient de leur imperturbable lumière une majesté endormie dans l'obscurité cachée aux yeux des hommes et du monde j'essaie d'écrire vite pour ne pas laisser passer un seul instant vacant où toute ma pensée pourrait se diriger ailleurs il y a cependant cette constante que tu sais pour ne pas l'avoir connue tout mon corps transpire je suis l'océan à moi tout seul sans poissons ni plongeurs pour le déranger je transpire pour ma propre intranquillité pour ma propre noyade certes il fait aussi naturellement très chaud j'ai plaisir à te voir à voir ton corps entier frôler le mien ou le mien entier dans le tien un et un ça ne fait jamais un autre ça demeurera toujours un un + un = un je pense à toi dans cette égalité indéfinissable incalculable finalement je cherche des mots pour ton sourire pour un certain rire de toi pour un seul geste aussi le clignement d'un oeil pour l'ombre d'une mèche de cheveux sur ton front pour ces étoiles noires qui fleurissent sur tes seins la nuit tombée oui je vois tout ça avec des millions d'odeurs mais il me faut les mots pour les sentir le sens l'existence je me risque à employer ces mots trop manifestement libres et prisonniers des choses banales ces mots que je ne veux et ne peux pas détourner tu vois que je ne tiens pas mes engagements je n'ai pas réussi à désengager mon corps du tien ne pense pas au corps comme tu le penses d'habitude c'est plus que le corps et c'est bien moins que ça je dois croire à une certaine maladie qui me ronge à l'intérieur à l'extérieur à l'envers et à l'endroit bref je tends à disparaître pour penser à toi encore et encore une fois poser doucement sur tes yeux certaines larmes qui m'ont fait me rapprocher de moi et inéluctablement de toi je crois t'avoir fait voir ce qui me trouble en ce moment et souvent dans mes éclairs de vie ça te ressemble