Je me souviens de ma jeunesse. Une eau irisée. Le visage d'enfance d'un homme grandi.
Je me souviens de ma jeunesse. Une eau irisée. Le visage d'enfance d'un homme grandi.
Est-ce ainsi que les hommes vivent?
Je voulais vous écrire ça. Vous connaissez le ça, n'est-ce pas?
Fatigué et heureux, et vice-versa. Vous savez!
L'eau claire, vergeturée, habillant mes amitiés perdues. Autant en emporte le temps.
Je me souviens des équations fluides, des amours mortes, de toutes ces choses que nous avons peut-être partagées un jour. Ensemble?
Je devais commencer ce jour-là alors je ne sais pas comment j'ai pu m'arrêter c'était aussi un soir je crois ce soir-là j'ai vu des corps des chevelures des espaces de paroles où il était facilement impossible de s'immiscer des nuits gorgées de rondeurs folles des fentes infinies des tristesses à crever les yeux
j'ai vu la lisse surface de l'humain
celle-là même qui fait glisser tous les mots les désarrois et le langage
oui la chair n'est triste que vivante visible ce soir-là j'ai vu des naissances ivres l'ivresse de la naissance aussi bien alors je demande à l'enveloppe de seulement savoir qu'elle est une enveloppe j'ai vu ce soir-là aussi des chevilles des talons à mourir d'en mordre comme ces griffures infligées au sommeil comme ces dégorgements désespérés
je me vois aimant - l'attraction universelle
si seulement les mots pouvaient suivre la pensée
ce soir j'ai vu des courbures s'arrondir s'arc-bouter comme pour se prémunir contre un regard écrivant contre une parole contagieuse l'assourdissement de la protection oui j'ai vu des creux où se sont posés les lumières fatiguées de la nuit les désirs habillés de mille siècles d'arrogance d'avaries tous les désirs de demeurer un peu dans le trop peu visible amour oui j'ai vu ce soir-là la peur des corps